Le blues du déménagement

 

Je reviens du bureau de poste. À partir de chez moi, le trajet n’est pas très long : moins de 10 minutes. Pourtant, l’hiver, je le fais en voiture plus souvent qu’autrement.

Maintenant que le beau temps est revenu, j’y vais à pied. Un chemin que j’ai emprunté des dizaines et des dizaines de fois, durant les 7 années que j’ai passées ici. Commandes internet, ventes sur ebay… les employés du bureau de poste me connaissent (trop) bien. Le chemin m’a toujours paru ordinaire, même ennuyant.

Pourtant, aujourd’hui  je le vois sous un autre jour. Je les trouve magnifiques, ces rues du Plateau Mont-Royal, recouvertes du feuillage enfin revenu après un interminable hiver. L’atmosphère y est paisible, le silence est entrecoupé d’éclats de voix provenant d’une fenêtre ouverte, du son d’une télévision, d’un chat qui miaule dans une ruelle.

Je marche avec délice dans ce petit univers en réalisant à quel point il va me manquer.

Je l’ai détestée, cette ville que je trouvais trop petite et parfois ennuyante. Mais aujourd’hui, je l’aime et j’ai peine à la quitter.

De ma petite banlieue, j’ai toujours rêvé de grattes-ciel et de béton. Je me voyais habiter un appartement en hauteur sur une rue passante, duquel je pourrais observer à loisir la ville bouger. Certes, ma rue n’était pas la plus animée ni la plus jolie, mais je m’y plaisais bien. Et aujourd’hui, j’ai le coeur gros. Mon premier appartement et sept années remplies de bons et de mauvais souvenirs deviendront bientôt choses du passé.

Je suis à Montréal, je rêve d’être à Tokyo. Je suis à Tokyo, je rêve d’être à Seoul. Je suis à Seoul, je m’ennuie de Montréal. De retour à Montréal, je rêve de New York. Et j’imagine toutes les grandes villes que je n’ai pas encore vues… c’est un cycle sans fin. C’est pourquoi je veux vivre une vie qui me permettra de bouger sans arrêt. Et c’est pour poursuivre ce rêve que je pars maintenant en laissant tout derrière moi.

Un jour, je reviendrai, sûrement. Je marcherai à nouveau dans les rues du Plateau et je lèverai les yeux avec nostalgie vers mon petit balcon du troisième étage. Il me manque déjà.

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